Le puits des Tudeau,
une histoire du Bourg-sous-La Roche

Autour du puits rénové et non-loin de l’ancien emplacement de la boucherie Tudeau, le Bourgadin Yannick Neau raconte les histoires de sa belle-famille.

Il arpente la future place de village et remonte le temps. Les voitures filent sur la rue Guérin et Yannick Neau refait l’histoire. « Je suis ici, au Bourg-sous-La Roche, depuis 1963. » De la main, il pointe le toit de son ancienne maison, vendue en début d’année. La suite s’écrit en face, dans le nouvel ensemble immobilier. « Parce qu’on vieillit », sourit l’habitant.

La mémoire, elle, n’a pas pris une ride. Autour du puits rénové, Yannick puise les souvenirs familiaux. « Il appartenait à la famille Tudeau. » Un nom qui siffle aux oreilles des Bourgadins historiques. Un patronyme affiché sur l’enseigne de la boucherie locale à partir de 1941. « C’est mon beau-père, Delphin Tudeau, plus connu sous son deuxième prénom Maurice, qui tenait ce commerce. »

Un puits aux vertus « thérapeutiques »

À l’angle de la place de l’Eglise, le boucher-traiteur cultivait son amour des bons produits. « C’était un personnage », sourit Bernard Quenault, adjoint à la mairie de quartier. « Je le revois avec son grand tablier, traverser la Nationale pour aller cueillir des plantes aromatiques dans le jardin. » Une parcelle arrosée par l’eau du fameux puits. « La légende raconte qu’une tranchée avait été creusée, sous la route, en une nuit pour emmener l’eau  », enchaîne Yannick.

Toujours plein – « même en temps de sécheresse » – cet antre aurait même eu d’autres vertus. « C’est la grand-mère Tudeau qui murmurait ça dans les années 30. L’eau du puits guérissait les verrues à ceux qui jetaient des mogettes dedans ! » Les lingots, le père Tudeau préférait sans doute les allier à un rôti. « De ceux qu’il pouvait aussi vendre dans sa boucherie des Forges ou sur son banc aux Halles. »

Reste que c’est au Bourg qu’il aimait aiguiser ses passions. « Il était de toutes les animations : la musique avec l’Espoir du Bourg, les vitrines de Noël, les préveils. » Ses descendants garderont ce lien avec ce coin de La Roche. Le « rapporté », aussi : « Je suis né à Saint-Florent-des-Bois, mais je suis Bourgadin de cœur. » Un habitant qui ne manquera pas l’inauguration de la place centrale. « C’est l’une des réussites de la réhabilitation. Ça va donner un autre souffle au quartier. » Sans oublier les traces du passé.

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